Une sortie à Binic en covoiturage a été programmée le vendredi 13 juin 2025.
Rendez-vous devant le musée à 10 heures, 3 rue de l'Ic à Binic pour une visite d'environ deux heures.
Le musée présente une riche collection d'objets, témoins de la vie rurale et maritime au XIXe siècle.
Ensuite, déjeuner au restaurant La Sentinelle à 12 h 30.
L'office de tourisme a fait visiter la ville de Binic et ses curiosités à partir de 14 h 30.
Fin de programme et retour aux voitures vers 16 h 30 environ.
Il fallait se manifester AVANT LE JEUDI 5 JUIN 2025
PARTICIPATION : 32 € par personne (chèque à adresser à la trésorière : Nicole Glinec, 1, rue Charcot 22300 LANNION)
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COMMENTAIRES :
Nicole : « Très belle journée à Binic. Visite du musée est très intéressante et balade commentée du port agréable. Repas apprécié par tout le monde. »
Marie-Thérèse : « Nous avons apprécié l'accueil au musée : des bénévoles passionnés qui nous ont présenté la vie des pêcheurs à travers le XIXe et XXe siècle. Journée réussie avec une météo qui nous a épargné pluie et grêle ! Ouf. »
Marie-Thérèse vous a fait un rapport journalistique particulièrement intéressant :
Sortie du 13 juin 2025
Découverte de Binic d’hier et d’aujourd’hui au musée
Nous avons été reçus par les responsables bénévoles du musée qui nous ont présenté de façon très documentée le passé rural et l’histoire maritime dans le Trégor-Goélo et l’importance du port de Binic au cours des quelques siècles passés.
Nous avons suivi avec intérêt les explications de M. Prual dans la grande pièce de vie reconstituée d’une ferme à l’époque des Terre-Neuvas, vers 1900 : la grande table familiale, la cheminée avec le chaudron accroché à la crémaillère, les lits-clos, les accessoires dont les fameuses cuillères de bois personnelles jamais lavées, mais juste léchées avec soin ! La nourriture de la nombreuse famille était basée sur les produits de la ferme. Le cochon était conservé dans le saloir. Le sarrasin ou « blé noir » cultivé pour ses graines, une pseudo-céréale sans gluten, est riche en protéines végétales et en acides aminés essentiels. Il constitue avec la pomme de terre et les légumes du potager l’essentiel de l’alimentation du paysan breton sans oublier le beurre et le lait, les poules et leurs œufs si précieux pour les galettes. La boisson du repas était le cidre de la ferme pour tous, petits et grands. Le café à la chicorée était parfois rehaussé d’un peu de gniole à 50° d’alcool !
Des coiffes diverses, dont la Binicaise, sont exposées dans les vitrines. Des costumes sont présentés sur des mannequins. La veuve dans son costume noir à capuche nous rappelle à la triste réalité de femme de marin.
D’autres sujets sont abordés par la présentation des anciens métiers et leurs propres outils : le maréchal-ferrant dans sa forge équipée d’un grand soufflet et de l’enclume, le bourrelier, le sabotier, le menuisier. Le travail du chanvre pour le cordage, les outils pour le lin. Le lin est une plante peu gourmande, nécessaire pour la confection des toiles et des draps. Le lin n’est pas fauché, il est arraché. Ses graines sont pleines de vertus.
La charrette des pompiers est bien rudimentaire.
Une salle du musée est dédiée à l’école primaire des années 1940. Les tables en bois massif à 4 places peintes en noir avec leurs encriers que certains d’entre nous ont connues. Une affiche destinée aux élèves des écoles indiquait ceci :
IL EST DEFENDU
1 - de parler breton et de cracher par terre
2 - de mouiller ses doigts dans sa bouche pour tourner les pages des livres et des cahiers
3 - d’introduire dans son oreille le bout d’un porte-plume ou d’un crayon
4 - d’essuyer les ardoises en crachant dessus ou en y portant directement la langue
5 - de tenir dans sa bouche les porte-plumes, les crayons, les pièces de monnaie etc
La partie la plus importante de la visite, présentée par Mr Fleury, a été centrée sur l’histoire maritime du Goélo et de Binic.
Avec la présence de ses navires sur les côtes canadienne dès le 16 ème siècle, Binic se hisse en 1845 au premier rang des ports de grande pêche à la morue avec 37 navires et 1700 hommes embarqués et jusqu’à une cinquantaine de navires morutiers en 1850. A cette époque des améliorations des infrastructures du port ont été nécessaires.
La migration du cabillaud vers les eaux plus froides (4 à 8 degrés) a contraint les marins de la côte à envisager une pêche lointaine vers les bancs poissonneux de Terre-Neuve. Les armateurs ont alors fait construire des trois-mâts dans les chantiers navals de Binic. Ils embarquaient une soixantaine
d’hommes et les « doris » ( barques de 6m). Dans les cales s’entassaient la nourriture pour quelques mois de la campagne de pêche, le sel, la gniole…, le bois pour édifier des cabanes sur la côte de St Pierre.
Le recrutement des hommes
Les recruteurs pour la campagne de pêche allaient dans les coins reculés de Bretagne, de Normandie et même du Pays Basque et bien sûr dans les bistrots de la région. Ils faisaient miroiter un salaire 4 fois plus élevé qu’en pêche côtière. Les familles étaient si nombreuses et pauvres que l’un ou l’autre
de la fratrie s’en allait, le cœur serré, vers ce monde inconnu. Les conditions de vie à bord étaient difficiles et périlleuses dans les brumes, le froid et les tempêtes. Le manque d’hygiène, les blessures dues au travail, les courts moments de repos dans des couchettes sommaires contre la coque, dans
leur unique ciré de travail étaient le quotidien de ces hommes courageux.
Nous avons une pensée pour les « petits graviers » de 12 ou 13 ans, oubliés de l’Histoire, qui étaient enrôlés dans ces expéditions, exploités, maltraités, mal nourris, le dos courbé, retournant les morceaux de morue, sans relâche, sur le gros gravier de la côte de St Pierre. A bord du trois-mâts, chacun avait une fonction selon son expérience entre la découpe, le salage. Des pêcheurs, par 2 dans les doris, installaient des lignes le matin et ramenaient leurs poissons à bord du morutier pour les dépecer.
M. Batard nous a donné des explications très intéressantes sur la construction de la coque d’une goélette, la vie à bord et la technique de pêche directement sur le bateau à Islande.
Au fil du temps, la pêche a évolué. Les armateurs se sont focalisés sur Islande où le poisson était plus abondant. La destination était plus adaptée en fonction des vents. Le temps de s’y rendre était plus court. La construction des goélettes sans voiles carrées, était plus rapide. Une vingtaine d’hommes
montaient à bord. Ces bateaux avec un grément simple répondaient à la nécessité de limiter l’effectif de l’équipage.
La construction de bateaux modernes dans les années 1930, équipés de congélateurs a sonné le glas de la marine à voile et a causé le déclin du port de pêche de Binic. La pêche à la coquille St Jacques (Pecten Maximus) part de la baie de St Brieuc : Le Dahouët, St Quay-Portrieux.
Binic s’est converti en port de plaisance.
L’après-midi, Gaëlle, guide de l’Office de tourisme, nous a conduits sur le port. Nous avons pu voir la maison de l’octroi. On y encaissait le droit d’entrée des tonnes de marchandises qui transitaient par Binic. Plus tard, l’octroi a été remplacé par le bureau des douanes (devenu depuis, le restaurant la
sentinelle).
Au début de la cale se trouve une cloche. Elle aurait sonné le départ des marins pour la pêche. Elle aurait servi aussi à réglementer les heures de vente des poissons.
Nous avons fait une petite visite dans l’église « Notre Dame de Bon voyage ». Contrairement à la tradition, son chevet est à l’Ouest. Il a fallu creuser dans la falaise. Elle date du 19 ème siècle et a été agrandie au 20 ème. De style néo-classique et en granit, schiste et grès. En y entrant, nous sommes frappés par la lumière qui éclaire la Vierge sur un rocher, placée dans une alcove. Nous sommes impressionnés aussi, hélas, par les très nombreux ex-voto des péris en mer.
De retour Place le Pomellec, du nom d’un armateur local, la guide nous a présenté un portrait d’une célèbre armatrice de Binic, femme de poigne, Maria Verry-Carfantan, surnommée « la foudroyante » ou « la morue d’or ». Malgré ces qualificatifs peu sympathiques, elle accordait une rente à vie à la veuve d’un marin péri en mer et à ses enfants jusqu’à leur majorité. Ce qui n’était pas un geste habituel chez les autres armateurs.
Une petite dégustation d’un pâté local à l’ombre du cerisier et la journée à Binic se termine.
UN GRAND MERCI aux passeurs de mémoire qui fouillent dans les archives sans compter leur temps pour nous transmettre le fruit de leurs recherches sur cette période de l’histoire humaine locale.
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