APCA - Association de Parkinsoniens des Côtes d'Armor
Comprendre ensemble la maladie pour mieux la vivre

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La meilleure façon de marcher

LA MEILLEURE FAÇON DE MARCHER

 

A) LES MOUVEMENTS VOLONTAIRES ET INVOLONTAIRES

Il peut être surprenant de donner des conseils de marche à l’adulte qui a appris à marcher depuis sa plus tendre enfance sans avoir besoin par la suite de réfléchir à la manière de coordonner ses mouvements.

Mais c’est justement pour cette raison d’automatisme dans la coordination que la personne porteuse de la maladie de Parkinson peut tôt ou tard rencontrer des problèmes.  Pour comprendre les raisons, il faut connaître les bases de l’organisation des mouvements volontaires et automatiques  car les circuits neuromoteurs ne sont pas les mêmes.

Les mouvements volontaires sont gérés par le système moteur pyramidal : un circuit spécifique qui, en toute logique, passe par les aires corticales chargées de nous amener à contrôler ce que nous faisons (mettre par exemple le pied correctement sur une marche car il nous faut ajuster le mouvement pour être à la bonne hauteur).

Les mouvements involontaires, c’est-à-dire les réflexes, les contrôles posturaux et tous les processus automatisés, sont gérés par une organisation neuromotrice particulièrement complexe : le système moteur extrapyramidal. Il est constitué de différents relais passant par les noyaux gris centraux et le cervelet pour ajuster de manière automatisée le mouvement. En l’occurrence, il se sert de la mémoire motrice.

Or, comme la maladie de Parkinson se caractérise par une dégénérescence progressive des neurones à dopamine situés justement au niveau des noyaux gris centraux,  ce sont surtout les mouvements involontaires qui posent problème.

En conséquence, quand le système moteur extra pyramidal est perturbé, nous allons observer en toute logique des problèmes de posture et d’ajustement des gestes automatiques.

Par exemple la marche sur le plat, sans contrainte particulière, pourra poser problème pouvant même engendrer le freezing ou la festination (voir développement plus loin). Tous les mouvements automatisés deviendront difficiles d’autant plus quand ils sont complexes car ils correspondent à des enchaînements gestuels appris particulièrement rapides et fins. Parler et écrire, que d’ailleurs seul l’être humain est capable de réaliser avec une réelle dextérité, c’est atteindre le summum de la complexité, d’où la fragilité en cas de déficience.

A contrario, les mouvements impliquant un contrôle volontaire peuvent rester efficaces : les  contraintes dans la marche (par exemple monter des escaliers), dans la communication orale (diction, chant, slam, etc.) et écrite (calligraphie, dessin).

En clair, dans l’organisation du mouvement, en cas de maladie de Parkinson, plus c’est simple, plus c’est parfois difficile à réaliser. C’est pourquoi nous disons que pour s’en sortir il faut « penser son geste », ce qui revient à dire qu’il faut solliciter le système moteur pyramidal responsable du mouvement volontaire.

 

Que faire en cas de freezing  ?

Le freezing est un phénomène gênant car il arrive toujours à l’improviste et souvent au moment où il ne faudrait pas, tout simplement parce que le stress peut contribuer à l’installer ou le maintenir. La personne se retrouve dans une situation où les pieds semblent collés au  sol.

1) Il faut d’abord se rassurer, limiter le stress. L’aidant peut à ce stade simplement contrôler le risque de chute sans tirer sur le bras et sans dire d’avancer car c’est justement le programme moteur engagé dans l’instant et qui ne fonctionne pas !

2) Stopper le processus engagé, c’est-à-dire ne plus chercher à avancer. L’aidant peut être très utile en disant simplement un « stop » net et précis.

3) Faire un geste volontaire pour que justement le système moteur pyramidal soit sollicité. L’aidant peut  donner une consigne simple et habituellement efficace (« mets ton pied par-dessus le mien » par exemple).

Il faut savoir que l’aidant ou n’importe quelle personne se trouvant là  au moment du problème peut-être particulièrement utile pour la personne face à sa difficulté. Le simple fait de donner une consigne orale permet de solliciter le circuit auditif qui, en se mettant en lien avec le circuit extrapyramidal, peut  permettre de débloquer la situation. C’est possible ! Comme le disait si bien l’une de mes patientes : «c’est incroyable :  je sais ce qu’il faut faire mais j’ai besoin qu’on me le dise pour que ça se réalise ! » C’est là toute la complexité de l’organisation neuromotrice.

Conscient de cette particularité neuromotrice, on ne peut pas  être étonné qu’une personne atteinte de la maladie de Parkinson bloque ou rencontre des difficultés de marche au milieu d’une place publique sans contraintes d’obstacles (mouvements automatisés) et monte ensuite quatre à quatre des marches (mouvements volontaires).

 

Comment la personne peut se débrouiller seule face au freezing ? L’exemple du coupe-bordure

Il lui faut dans la mesure du possible un élément physique pouvant servir de repère, quelque chose de concret pour engager un mouvement volontaire.

Différents systèmes existent mais il n’est pas nécessaire d’engager des frais pour arriver au résultat escompté. Donnons simplement l’exemple du fil de coupe-bordure à fixer sur un bâton de marche (en précisant au passage qu’il faut toujours se déplacer avec deux bâtons de marche et non un seul pour équilibrer la posture).

Matériel :

· un ruban adhésif

· Un bout de fil de coupe-bordure (15 à 20 cm)

COUPE-BORDURE pour BÂTON (photo 1)

      - Enrouler d’abord le ruban adhésif autour du fil (deux ou trois tours), c’est ce qui permettra au fil de rester bien en place.

COUPE-BORDURE pour BÂTON (photo 2)

        - Enrouler ensuite le ruban autour du bas du bâton de telle manière que, lors de la marche, le fil se retrouve au-dessus du pied droit ou gauche (en fonction du pied dominant de la personne).

COUPE-BORDURE pour BÂTON (photo 3)                                                          

COUPE-BORDURE pour BÂTON (photo 4)

Utilisation :

1) Stop !

2) Je regarde le fil et je le touche du pied (= mouvement volontaire en espérant de ce fait supprimer le freezing, sinon recommencer ou trouver une autre idée de mouvement volontaire : tourner la  tête, lever le bâton, etc. De toutes façons, se rassurer car le freezing n’est que momentané).

Que faire en cas de festination ?

La festination correspond à un piétinement, un emballement de la marche, la personne se portant le plus souvent en avant au risque de chuter.

Les indications sont les mêmes que pour le freezing, l’aidant cherchant évidemment en premier lieu à éviter la chute en se plaçant si possible en parade devant. Il faut juste espérer que le système cérébelleux soit efficace pour compenser cette chute en avant. C’est souvent le cas ce qui me rend admiratif mais ce qui veut dire aussi qu’il faut s’arranger pour maintenir et développer cette efficacité d’équilibre.

En profiter pour solliciter l’équilibre.

Nous avons dit que le système moteur extrapyramidal est constitué de différents relais passant par les noyaux gris centraux mais aussi le cervelet qui permet l’ajustement moteur et en particulier l’équilibre.

Toutes les occasions peuvent être bonnes pour solliciter le système cérébelleux : le travail d’équilibre stimule le système moteur extrapyramidal qui en a particulièrement besoin.

Le but est, en somme, d’entretenir les liens entre les différents systèmes.

 

B) COMMENT SE CREE ET SE MAINTIENT LÉQUILIBRE DU CORPS ?

 Nous maintenons notre équilibre en mettant en action un ensemble de muscles pour lutter en particulier contre la pesanteur (force de gravitation dirigée vers le centre de la terre et force centrifuge due à sa rotation). Cet équilibre correspond à l’état de notre corps au repos sollicité par des forces qui se contrebalancent.

Le fabuleux travail de maintien et de mise en équilibre (équilibration) est organisé par tout un ensemble de systèmes complexes qu’il est important de passer en revue pour savoir comment  augmenter ses capacités.

1) Le travail de redressement et de maintien de la posture (contrôle antigravitaire)

Ce travail est assuré par plusieurs mécanismes qui interfèrent.

Nous  observons les contrôles :

· vestibulaires (oreille interne),

· proprioceptifs (corps)

· tactiles (peau)

· visuels (œil)

Ces quatre types de stimuli font remonter les informations (afférences sensitivomotrices) vers les systèmes nerveux centraux qui les analysent avant de provoquer une réponse des motoneurones (efférences neuromotrices), ce qui nous permet d’organiser et de maintenir notre équilibre.

2) L’extraordinaire mécanisme vestibulaire

Le vestibule (ou labyrinthe) est un organe membraneux qui se loge dans une cavité de formes complexes creusées dans l’os temporal au-dessus de l’oreille. Il contient :

· des récepteurs sensibles aux accélérations (réactions d’équilibration)

· des terminaisons sensorielles, stimulées par la pesanteur, responsables du maintien de la tête quand la personne est immobile (réactions statiques).

(Hubert COLOMBEL - 02/09/2024)

 

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